Chauffe Marcel...
« La disparition des états en tant qu'entités nationales égoïstes ou envieuses de ses voisins devra se réaliser un jour ou l'autre, c'est l'avenir de cette planète qui en dépend… ». En prenant mon air le plus solennel, j'essayais de glisser cette pensée philosophique et j'observais leurs réactions…
« De surcroît, cette manne financière sera bien utile pour nous consacrer collectivement à la découverte d'autres horizons accueillants pour l'homme, soit dans cette galaxie ou d'autres… ». Sans leurs laisser le temps de répondre j'embrayais sur cette agréable suggestion.
« Nous vivons depuis des millénaires sur des conflits armés inter-régionaux, il serait temps de tourner la page. Cette violence est essentiellement due à l'existence des nations aux intérêts divergents qui s'affrontent pour des ressources minières, qui s'affrontent dans l'espoir de s'étendre au-delà de leurs frontières, convoitent les richesses historiques de leurs voisins ou pour des idées religieuses propres aux nations elles-mêmes et à leur histoire. Nous devons tirer un trait définitif sur ces comportements immatures. L'avenir des humains et le sort de cette planète débutent aujourd'hui et c'est vous qui avez le destin de l'humanité entre vos mains ».
Je continuais dans ma lancée…
« Vous avez également pu constater, à l'enseignement des nombreuses catastrophes provoquées par les dérèglements climatiques, que notre planète souffre et qu'il serait temps d'oeuvrer de concert pour y apporter des solutions radicales ».
Puis, je me remémorais le courrier d'hier et la lettre de mon cher Cheerac.
« Il y a également, une information encore plus décisive que je dois vous révéler dès maintenant. Nos matériels très sophistiqués ont détecté une menace imminemment sérieuse qui viendrait de l'espace et pour y remédier efficacement, il est nécessaire que nous mettions rapidement toutes nos énergies en commun. Ce danger est d'envergure puisqu'il concerne l'ensemble de l'humanité terrestre sans aucune distinction ! ».
J'avais achevé de lancer mon scud diplomatique et j'attendais impatiemment leurs réponses. Le Président junior saisit la bouteille de Cognac, s'en servit une généreuse dose et la transmit au Chinois qui ne se fit pas prier.
« Donc, si je comprends bien votre raisonnement, vous voudriez voir le peuple américain remplacer ses GIs et sa force de frappe par des marionnettes en tutus roses et des soucoupes volantes customisées « Welcome Strangers » ?
J'aimais bien ce Président des Etats-Unis, il avait une façon de s'exprimer très imagée et je pouvais deviner sans peine que son identité prenait racine dans l'Amérique profonde qu'il représentait admirablement.
« Et vous, Monsieur l'Ambassadeur, qu'en pensez-vous ? » lança le Président au chinois.
« Jamais l'Empire du milieu ne se livrera à de telles crétineries ! Notre nation a un patrimoine culturel immense auquel nous tenons et notre économie ne souffre d'aucune des tares décrites dans votre lamentable discours !» Surenchérit le Chinois, qui en fait était ni plus ni moins que l'Ambassadeur de Chine en poste en France depuis une quinzaine d'années !
« Vous savez la grenouille au fond d'un puits croit toujours que le ciel n'est pas plus gros qu'un pneu de voiture… C'est un proverbe chinois qui s'applique parfaitement à notre propos ! ». Rétorquais-je, avant qu'un épais voile rougeâtre envahisse mes dernières pensées.
FIN DU PROLOGUE
La couleur bleue me va toujours à ravir !
Mes membres étaient maintenus par une force invisible, seuls mes yeux avaient conservé une capacité de mouvement. J'étais allongé sur une matière mystérieuse qui diffusait un léger voile bleuté tout autour de moi, le reste de l'habitacle baignait dans une pénombre jaunâtre. Je distinguais nettement cinq autres reposoirs identiques au mien, car je devinais sans peine les autres dômes bleutés.Comment étais-je arrivé dans cet endroit ? Je n'en avais aucun souvenir… Je demeurais quelques minutes à fouiller ma mémoire, mais elle semblait rester figée à l'épisode de mon dernier entretien avec le Président des Etats-Unis et son petit comité.
Le voile bleuté qui m'environnait se dissipa progressivement pendant que mon corps descendait lentement de quelques centimètres, mes membres reprenaient vie peu à peu. Je pus m'asseoir sur la plaque métallique qui avait servi de support à mon matelas invisible, ce qui me permis de jeter un regard circulaire dans la pièce. Je constatais que les cinq reposoirs étaient identiques au mien et qu'ils étaient constitués d'un gros bloc lisse et sombre creusé sur les quatre bords de la même incurvation. Ceux-ci étaient toujours en activité, le voile bleuté qui surplombait leur corps m'empêchait de distinguer les personnes qui y reposaient, il fallait, pour cela, que je m'en approche. Les corps flottaient en légère apesanteur au-dessus de leur structure métallique. La pièce décrivait un léger arc de cercle et mesurait environ une douzaine de mètres sur quatre. Elle comportait deux autres reposoirs inoccupés et désactivés sur ma gauche. Tout à l'extrémité de ce local, un néon peu coloré dessinait les contours de ce qui me semblait être une porte. Je posais mes pieds sur le sol et me dirigeais vers le premier reposoir à ma droite. En me penchant légèrement, j'y vis, étendu et inerte le Président Cheerac (l'homonyme de mon chien). Sur l'autre reposoir, il y avait une charmante jeune femme, à la chevelure foncée, d'une trentaine d'années qui m'était totalement inconnue. Sur le troisième, reposait le Président des Etats-Unis en personne qui s'était endormi comme un bébé, le pouce dans la bouche, c'était touchant ! Les suivants étaient occupés par deux personnalités d'origine chinoise et arabe, qui m'étaient également inconnues. Après m'être déplacé auprès de chacun, je les laissai là, tous les cinq, reprendre leurs esprits et je décidai de me diriger vers la présumée porte que j'avais aperçue à mon réveil.
« Bonjour Monsieur Coeurmit ! Vous avez bien dormi ? » La voix semblait provenir de la porte elle-même, plus exactement, du dessus de celle-ci. J'étais touché par autant d'attention, mais manquant de répartie et muet de stupéfaction, je continuais d'avancer, hébété, lorsqu'une ouverture prit naissance à mes pieds, pour s'achever instantanément à quarante centimètres au-dessus de mes yeux. Je fis de nouveau quelques pas devant moi, pour me retrouver dans un imposant couloir circulaire aux couleurs dominantes jaune et noire. Il était beaucoup plus lumineux que la petite pièce précédente. Tous les dix mètres des sortes de panneaux affichaient la même information :
« Cryptonados II
J : 45
T : 3.158
P : 633 »
Les données chiffrées décroissaient lentement...
Voilà, vous venez de lire le prologue, la véritable aventure commence ici... En librairie plus tard avec la bienveillance d'un éditeur !
[ Suite 1 ... ] [ Suite 2 ... ] [ Suite 3 ... ]
![]()

