La Côte d'Or est le coeur historique du vignoble bourguignon. C'est par un édit royal de Charles VI, pris en 1416, que naquit la bourgogne viticole en tant que région d'appellation protégée. A l'origine du mot " Bourgogne " on retrouve des envahisseurs nordiques nommés les " Burgondes " qui s'établirent vers l'an 500 dans cette région qu'ils baptisèrent " Burgundia ". Cependant, le vignoble bourguignon est lui bien plus ancien que le nom de cette région, puisqu'il a presque 25 siècles d'existence.
C'est vers l'an 400 avant J-C que quelques gaulois importent d'Italie une culture convoitée : la vigne (Pline & Plutarque), ou une seconde thèse, vers l'an 600 avant J-C, une colonie grecque installée à Marseille est à l'origine des premières plantations en Bourgogne (Camille Rodier). Quoi qu'il en soit, très rapidement, les gaulois apportent un nouveau savoir-faire dans la technique de vinification du vin. Ils inventeront même le tonneau. C'est alors une période de culture intensive de la vigne qui commence jusqu'en l'an 92 après J-C où l'empereur Domitien ordonne l'arrachage de la moitié des vignes des provinces romaines (dont l'actuelle bourgogne). Cette mesure protectrice n'est en fait qu'une mesure fiscale déguisée à l'avantage des collecteurs d'impôts et des gouverneurs provinciaux. Les romains, eux, apprécient de plus en plus la qualité des vins gaulois à l'égal des louanges chantées par Grégoire de Tours sur les vins dijonnais.

 

Le vignoble bourguignon est donc bien consacré, en France comme à l'étranger, toutefois pour traverser les temps troublés des dynasties mérovingiennes et carolingiennes, il lui faudra une réelle stabilité qu'il trouvera sous la protection des moines grâce aux très nombreux dons des rois et des nobles de l'époque. En effet, en 587, le roi Gontran de Bourgogne donne aux moines de l'Abbaye de Saint-Benigne de Dijon tous les vignobles alentours. Vers l'an 640 ce seront les moines de l'Abbaye de Bèze qui récupèrent un vignoble à Gevrey (l'actuel " Clos de Bèze "). Cette appropriation des vignobles par les communautés religieuses atteindra son point culminant avec le rayonnement des bénédictins de la Grande Abbaye de Cluny fondée en 910. Puis au moment du déclin de Cluny, ce seront les moines de Citeaux installés près de Nuits Saint Georges, vers le XIIème siècle qui rayonnèrent à leur tour sur le patrimoine des vignobles de la Côte. C'est en 1443, durant la guerre de Cent Ans que Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne, signe la charte de fondation d'un hopital destiné " non seulement aux malades, mais aussi aux pôvres et aux nécessiteux ". L'Hôtel-Dieu de Beaune était né, au fil des siècles, cette œuvre s'impose par son esprit de charité pour devenir, de nos jours, la plus célèbre oeuvre de charité au monde. Grâce aux dons de généreux bienfaiteurs, les domaines viticoles sont de plus en plus variés et nombreux. Jusqu'à la Révolution, où l'Hotel-Dieu devient Hospice d'Humanité, les vins sont vendus à l'amiable. Après 1794, et l'apparition des négociants, la vente se fait par soumission. La première vente aux enchères se fit en 1859 dans la cuverie des Hospices. En 1924, elle fut définitivement fixée au troisième dimanche de novembre.

 

A partir du XVème siècle, le patrimoine viticole commence à repasser entre les mains des nobles, des Ducs et Princes de Bourgogne et ceci jusqu'à la Révolution où la bourgeoisie aisée récupère les grandes propriétés en laissant aux vignerons de souche, les parcelles les moins reluisantes. Puis à cause de la législation révolutionnaire sur les successions, ce patrimoine s'est trouvé de plus en plus morcelé car tous les enfants héritaient dorénavant à part égale en remplacement d'un héritage transmis en totalité au fils aîné.


Ce vignoble bourguignon essuiera au XIXème siècle les deux catastrophes naturelles que sont le mildiou et le phylloxéra qui remodèleront encore sérieusement ce grand patrimoine viticole. A partir de 1945, le vrai vigneron redevient le personnage central des domaines, il personnalise son produit, et c'est de son savoir-faire et de son nom que dépendent désormais ses parts de marché en France comme à l'étranger et son avenir de commerçant vigneron. De nos jours, le marché français des vins bourguignons ne représente plus que 40% de la production. Les principaux clients étrangers des bourgognes rouges sont la Suisse pour 20%, l'Angleterre pour 15%, la Belgique associée au Luxembourg pour 15%, l'Allemagne pour 11% puis les Etats Unis pour 8%, le Japon pour 5%. Par contre, pour les bourgognes blancs se sont les Etats Unis qui assurent 25% des importations, puis l'Allemagne avec 21%, l'Angleterre avec 19%, le Japon avec 10%.


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